Biodiesel : définition, avantages, inconvénients

Face aux défis climatiques, à la hausse des prix de l'énergie, au contexte géopolitique et aux objectifs de décarbonation fixés par la France et l'Union européenne, le secteur du transport est en pleine transformation. Longtemps dépendant du gazole fossile, il doit désormais stopper sa dépendance aux énergies fossiles tout en maintenant la compétitivité des entreprises.

Dans ce contexte, le biodiesel apparaît comme une solution immédiatement disponible. Produit à partir de matières premières renouvelables comme le colza, il permet d'alimenter des véhicules diesel tout en réduisant significativement leur empreinte carbone.

Mais qu'est-ce que le biodiesel exactement ? Comment est-il fabriqué ? Quels sont ses avantages et ses limites ?

Qu’est-ce que le biodiesel ?

Le biodiesel est un biocarburant liquide fabriqué à partir de matières premières renouvelables, principalement des huiles végétales ou des huiles recyclées.

Contrairement au diesel conventionnel issu du pétrole, le biodiesel s’appuie sur des ressources produites chaque année par l’agriculture. En Europe et particulièrement en France, le colza constitue la principale matière première utilisée pour sa fabrication.

Le principe est relativement simple : les graines de colza sont récoltées, puis pressées afin d’en extraire l’huile. Cette huile est ensuite transformée en carburant utilisable dans les moteurs diesel.

La France dispose d’ailleurs d’une filière particulièrement développée. Selon ADA France, un hectare de colza permet de produire environ 1 000 litres d’huile pouvant être valorisés sous forme de biocarburant.

Pourquoi le colza occupe-t-il une place centrale en France ?

Le colza ne sert pas uniquement à produire du carburant. Cette culture joue également un rôle important dans les rotations agricoles et contribue à l’approvisionnement des élevages grâce aux tourteaux issus du pressage.

Cette logique d’économie circulaire explique pourquoi la France est devenue l’un des acteurs majeurs du biodiesel en Europe.

C’est notamment sur cette ressource locale qu’est basé le carburant B100 produit à partir de colza cultivé et transformé en France. Cette approche vise à réduire les émissions liées au transport tout en renforçant la souveraineté énergétique nationale. C’est un biocarburant 100 % produit au colza et 100 % issus de l’agriculture française.

Différence entre diesel et biodiesel ?

À première vue, diesel et biodiesel semblent similaires : ils alimentent des moteurs diesel et permettent de faire rouler voitures, utilitaires ou poids lourds.

Pourtant, leur origine et leur impact environnemental diffèrent profondément.

La différence fondamentale réside dans le cycle du carbone.

Le diesel fossile libère dans l’atmosphère du carbone stocké sous terre depuis des millions d’années. Le biodiesel, lui, repose sur du carbone récemment capté par les plantes lors de leur croissance.

Cette distinction explique pourquoi les biocarburants sont aujourd’hui considérés comme l’un des leviers permettant de réduire les émissions du secteur des transports.

Quels sont les avantages et les inconvénients du biodiesel ?

Tableau comparatif complet des avantages et inconvénients du biodiesel

Les avantages environnementaux du biodiesel

Le principal argument en faveur du biodiesel reste sa capacité à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

La France vise la neutralité carbone en 2050 et une réduction de 28 % des émissions du secteur des transports en 2030 par rapport à 2015. Le transport constitue donc un secteur stratégique dans l’atteinte de ces objectifs.

Selon le Citepa, les émissions du secteur des transports atteignaient 125 Millions de tonnes de CO₂ en 2024 et sont estimées à 123 millions de tonnes CO₂e en 2025. Le transport routier représente à lui seul 117 millions de tonnes CO₂ en 2024, soit la majeure partie des émissions du secteur.

Dans ce contexte, les carburants renouvelables apparaissent comme une solution immédiatement mobilisable.

Le Oleo 100 Bas GES illustre cette dynamique. Notre offre permet une réduction minimale de 80 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport au gazole fossile grâce à des pratiques agricoles plus durables et à une méthodologie certifiée RED.

Autrement dit, il ne s’agit pas simplement de compenser les émissions, mais de réduire directement l’empreinte carbone de la filière agricole à l’origine du carburant.

Les avantages économiques pour les transporteurs et les particuliers

Au-delà de l’environnement, le biodiesel présente également des avantages économiques et stratégiques.

Pour les entreprises de transport, il permet de répondre aux exigences croissantes des chargeurs en matière de décarbonation.

De nombreux appels d’offres intègrent désormais des critères environnementaux. Être capable de démontrer une réduction concrète des émissions devient donc un véritable avantage concurrentiel.

Le biodiesel contribue également à réduire la dépendance aux importations de pétrole et à soutenir une filière agricole française créatrice de valeur.

Enfin, contrairement à certaines technologies émergentes, le biodiesel peut être déployé rapidement sans attendre la généralisation de nouvelles infrastructures.

Les limites à connaître avant de passer au biodiesel

Le biodiesel n’est pas exempt de contraintes.

La première concerne la compatibilité des véhicules. Si tous les véhicules diesel modernes acceptent généralement des carburants contenant une faible proportion de biodiesel, l’utilisation de B100 nécessite une homologation spécifique du constructeur.

Enfin, le débat sur l’utilisation des terres agricoles reste présent. Les acteurs de la filière mettent toutefois en avant la valorisation simultanée des huiles et des coproduits destinés à l’alimentation animale ainsi que l’amélioration des pratiques agronomiques.

Quel camion et quelle voiture peuvent rouler au biodiesel ?

La réponse dépend du type de biodiesel utilisé.

Les véhicules particuliers roulent déjà majoritairement avec du B7, un carburant contenant jusqu’à 7 % de biodiesel incorporé au gazole.

Pour les niveaux d’incorporation plus élevés comme le B30 ou le B100, il est nécessaire de vérifier les recommandations du constructeur.

Du côté des poids lourds, de nombreux modèles sont désormais homologués pour fonctionner au B100. Des constructeurs comme Renault, MAN, Scania ou DAF commercialisent des véhicules homologués B100.

C’est précisément ce qui explique le succès croissant du B100 auprès des transporteurs français.

L’intérêt est simple : réduire les émissions sans changer radicalement les habitudes d’exploitation ni renouveler immédiatement l’ensemble de la flotte.
C’est le choix de plusieurs entreprises comme Transports Michaud qui atteint 75 % de flotte décarbonée grâce à Oleo100, ou de DUPESSEY&CO qui est devenu en juin 2026 le premier transporteur français à adopter le Oleo100 Bas GES.

Oleo100 : l’exemple d’une filière française du biodiesel à base de colza

Pour comprendre concrètement le fonctionnement du biodiesel, il suffit d’observer le développement d’Oleo100.

Produit à partir de colza français, le carburant B100 s’adresse principalement aux professionnels du transport routier.

L’offre ne se limite pas à la fourniture du carburant. Oleo100 propose également une solution clé en main comprenant l’installation des cuves, la gestion de l’approvisionnement et l’accompagnement technique.

Des résultats concrets chez les transporteurs

Les Transports Zanon constituent un exemple emblématique.

Après quatre années d’utilisation du B100, l’entreprise a converti 100 % de sa flotte à Oleo100, biocarburant issu du colza français. Selon les données communiquées par l’entreprise, plus de 5 000 tonnes de CO₂ ont été évitées depuis le début du partenariat selon Eric Boudes, Directeur Général des transports Zanon.

Autre exemple : DUPESSEY&CO, premier utilisateur d’Oleo100 Bas GES. En 2025, le groupe a consommé plus de 750 000 litres d’Oleo100, permettant d’éviter plus de 1 500 tonnes de CO₂ selon les données communiquées par l’entreprise.

Les Transports Michaud affichent quant à eux 75 % de leur flotte alimentée au B100 et ont évité 820 tonnes de CO₂ en 2024 grâce à cette transition.

Ces retours d’expérience montrent que la décarbonation du transport routier n’est plus un projet théorique mais une réalité déjà opérationnelle sur le terrain.

Le retour en vidéo du projet autour de Dupessey&co :

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Quel avenir pour le biodiesel dans le transport routier ?

Le biodiesel ne remplacera probablement pas à lui seul toutes les solutions de mobilité bas carbone.

L’électrification, l’hydrogène, les carburants de synthèse et les biocarburants seront également des alternatives qui auront un rôle à jouer pour remplacer à terme les énergies fossiles.

Cependant, le biodiesel présente un avantage majeur : il est disponible aujourd’hui.

Alors que l’Union européenne prévoit l’arrêt de la vente des voitures neuves à moteur thermique à partir de 2035, le parc roulant actuel continuera de circuler pendant de nombreuses années.

Dans cette période de transition, les biocarburants apparaissent comme un levier immédiatement mobilisable pour réduire les émissions sans attendre le renouvellement complet des véhicules.

Conclusion

Le biodiesel s’impose comme l’une des solutions les plus concrètes pour accélérer la décarbonation du transport routier.

Produit à partir de ressources renouvelables comme le colza, il permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en soutenant une filière agricole française.

S’il présente certaines limites liées à la disponibilité des matières premières ou à la compatibilité des véhicules, ses bénéfices environnementaux et économiques expliquent son adoption croissante par les professionnels du transport. OLEO 100 accompagne les professionnels s’intéressant à ce mode.

À travers des solutions comme Oleo100, le biodiesel démontre qu’il est possible d’agir dès maintenant pour réduire l’empreinte carbone des acteurs du transport, sans attendre les technologies de demain.

FAQ

Quelle est la différence entre le biodiesel B7, B30 et B100 ?
Le chiffre indique la proportion de biodiesel contenue dans le carburant : 7 %, 30 % ou 100 %.
Oleo100 est-il réservé aux poids lourds ?
Aujourd’hui, Oleo100 cible principalement les flottes professionnelles et les poids lourds engagés dans une démarche de décarbonation.
Pourquoi le colza est-il utilisé pour produire du biodiesel en France ?
Parce qu’il est largement cultivé sur le territoire et permet également de produire des coproduits destinés à l’alimentation animale.